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Coup de genou à la Bastille : enquête judiciaire et administrative

Un manifestant de 18 ans a reçu un coup de genou au visage place de la Bastille. Le parquet a saisi l’IGPN, et la préfecture de police annonce une enquête administrative.

Anne-Sophie Lestrade Par Anne-Sophie Lestrade
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Coup de genou à la Bastille : enquête judiciaire et administrative
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Un policier filmé en train de donner un coup de genou au visage d’un manifestant de 18 ans, place de la Bastille, a déclenché deux procédures distinctes : une enquête judiciaire confiée à l’IGPN par le parquet de Paris, et une enquête administrative annoncée par la préfecture de police.

En bref

  • D’après BFM Police Justice , l’auteur du geste appartient aux compagnies d’intervention, des unités spécialisées dans le maintien de l’ordre.
  • Concrètement, la première procédure peut conduire à des poursuites pénales, la seconde à des suites disciplinaires.
  • Le ministère de l’Intérieur a par ailleurs indiqué, pour la journée de jeudi, 71 500 manifestants en France dont 24 500 à Paris, avec 504 interpellations et 48 policiers et gendarmes blessés dans la capitale.

Un coup de genou filmé à la fin du défilé

Les faits se sont déroulés pendant la manifestation des lycéens, à la fin du défilé, au moment où les forces de l’ordre repoussaient les participants vers le boulevard Diderot pour les orienter vers la place de la Nation. D’après BFM Police Justice, l’auteur du geste appartient aux compagnies d’intervention, des unités spécialisées dans le maintien de l’ordre.

Sur les vidéos publiées sur les réseaux sociaux, deux policiers maîtrisent le jeune homme et l’amènent au sol. L’un d’eux lui porte alors un coup de genou au visage. Des images de l’AFP, rapportées par HuffPost, le montrent ensuite menotté puis relevé, du sang sur le visage et sur la capuche de son sweat-shirt.

Deux procédures qui ne répondent pas à la même question

Le parquet de Paris a annoncé le vendredi 9 octobre avoir confié de sa propre initiative l’enquête à l’IGPN, la police des polices, dans le cadre d’une enquête de flagrance. Elle porte sur des violences commises par une personne dépositaire de l’autorité publique, avec une incapacité de travail annoncée de plus de huit jours. Il s’agit de la qualification retenue pour la saisine ; elle ne dit rien, à ce stade, du bilan médical réel du manifestant.

De son côté, la préfecture de police a répondu à BFMTV que les forces de l’ordre avaient été visées tout l’après-midi par une minorité d’individus extrêmement violents, et qu’une enquête administrative serait diligentée sur ce geste. BFMTV la décrit comme déjà ouverte : les deux formulations ne placent pas la procédure au même stade, et aucune des deux sources ne précise son calendrier.

Point de comparaison Enquête judiciaire Enquête administrative
Autorité à l’origine Parquet de Paris Préfecture de police
Cadre Flagrance, confiée à l’IGPN Contrôle interne à l’administration
Objet Examiner de possibles violences commises par un agent de l’autorité publique Déterminer si des sanctions disciplinaires s’imposent

Concrètement, la première procédure peut conduire à des poursuites pénales, la seconde à des suites disciplinaires. Elles se déroulent en parallèle et n’ont pas à attendre l’une l’autre.

La parole de la victime et le contexte de la mobilisation

L’avocat du jeune homme, Me Ilyacine Maallaoui, indique que son client a déposé plainte. Il juge la violence des images « inouïe » et estime qu’elles montrent à la fois l’absence de nécessité du geste et son caractère délibéré. Il ajoute que son client et sa famille sont déterminés à obtenir justice, et que l’enquête suivra son cours. Ces propos sont ceux de la défense du plaignant ; ni la préfecture ni le policier concerné ne se sont exprimés sur le fond dans les sources consultées.

Pour un justiciable qui s’estime victime de violences policières, la plainte reste la voie classique, y compris lorsque le parquet s’est déjà saisi : elle permet de se constituer partie à la procédure et d’être tenu informé de ses suites. Un avocat peut aider à en mesurer les conséquences et à rassembler les preuves, notamment les certificats médicaux et les vidéos.

L’affaire s’inscrit dans le mouvement de blocage des lycéens, lancé le 21 septembre pour réclamer de meilleures conditions d’enseignement. Selon le parquet, c’est la cinquième enquête qu’il confie à l’IGPN pour des violences de ce type dans ce mouvement. Le décompte global varie selon les médias : HuffPost évoque 24 enquêtes ouvertes par l’IGPN depuis le début de la mobilisation, BFMTV au moins 21, en partant des 20 enquêtes citées jeudi par le ministre délégué Jean-Didier Berger.

Le ministère de l’Intérieur a par ailleurs indiqué, pour la journée de jeudi, 71 500 manifestants en France dont 24 500 à Paris, avec 504 interpellations et 48 policiers et gendarmes blessés dans la capitale.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Jules*. Licence : CC BY-SA 4.0.